Se blanchir la peau, estomper les tâches d’hyperpigmentation, ou éclaircir sa peau, plusieurs termes sont utilisés dans ce domaine sans qu’on en sache exactement les nuances. Pourtant cette tendance apparue dans les années 1960 et qui touche essentiellement les femmes, est toujours d’actualité, dans un monde où l’apparence prend une place importante.

Un soucis d’ordre esthétique ? Tâches sur la peau et peau trop foncée

La peau noire et métissée est plus sujette aux tâches sur la peau d’hyperpigmentation, liée à une forte teneur en mélanine, pigment qui donne sa couleur à la peau. En résulte un teint qui peut paraître non uniforme. Par ailleurs, il est vrai que les zones rugueuses du corps (coude, genou, aisselle) apparaissent souvent plus foncées chez les femmes noires et métissées. Des particularités de peau qui poussent certaines femmes à se blanchir la peau, par soucis esthétique. Mais derrière ce soucis esthétique se cache parfois une raison plus profonde, d’ordre culturel : les peaux claires réussissent mieux dans leur vie personnelle et professionnelle. Par exemple, au Cambodge, avoir la peau foncée signifie que l’on travaille en extérieur, qu’on est pauvre. La peau claire est signe de richesse. En Inde, cette croyance pousse des jeunes professionnelles à s’éclaircir la peau dans le but de trouver un travail et un mari, sous prétexte que les hommes préfèrent les peaux claires. Cette mode de la blancheur a un prix. En moyenne, une femmes à la peau foncée dépense 6 fois plus en produits de beauté pour la peau et les cheveux qu’une femme à la peau claire, conséquence en partie liée à ce phénomène. C’est le cas de ce qu’il arrive aux États-Unis avec l’émergence des produits éclaircissants américains pour blanchir la peau.

Des produits américains commercialisés aux produits de rues : attention aux crèmes éclaircissantes

Découvrir un produit américain éclaircissant rapide sans hydroquinone

Le marché des produits éclaircissants explose en 2017 avec un rendement de 10 milliards d’euros dans le monde. Palme d’or au continent asiatique dont les ventes de cosmétiques aux propriétés éclaircissantes atteindraient 10% du marché des cosmétiques. L’Inde fait partie des premiers pays consommateur. Le continent africain est aussi sur le podium avec une large distribution de cosmétiques destinés à blanchir la peau. Malheureusement, les produits sont moins contrôlés qu’en Europe, amenant à des dérives. Des produits contenant de puissant agents de blanchiment (hydroquinone, corticoïdes, mercure et ses dérivés) sont distribués, malgré leur effet toxique sur la peau et l’organisme. On retrouve aussi des préparations maison faites par des femmes de quartier qui profite de cet engouement pour créer leur business. Savons blanchissants, crèmes éclaircissantes ou lotion anti-tâches faites maison sont vendus sur les marchés, sans précision sur la composition de leurs produits. Mais efficace si l’on écoute les consommatrices régulières, jusqu’au jour où les effets secondaires vont commencer à apparaître.
En France, on compte environ 6 millions de femmes noires et métissés. Six millions de personnes susceptible de consommer le même genre de produit. Bien que la réglementation européenne soit plus stricte concernant les composants de cosmétiques éclaircissants, des filières annexes frauduleuses voient le jour, évitant tout contrôle sanitaire. En pleine rue ou dans de petites boutiques de Paris par exemple, on peut trouver des produits provenant de pays hors Union Européenne, interdit à la vente en France. Attention au choix de votre produit éclaircissant américain pour blanchir la peau rapidement : pensez à consulter la composition et ingrédients contenus dans ces derniers.
La vente sur internet est également un secteur très prisé où l’on peut acheter des produits en provenance de partout dans le monde. Comme ailleurs, les sites sont plus ou moins fiables, et la réglementation diffère. Se dépigmenter la peau volontairement à la Mickaël Jackson est loin d’être un acte anodin, une préoccupation qui inquiète années après années, quand on sait que dans 60 à 70% des cas, cette pratique causent des effets nocifs pour la peau.

Une préoccupation mondiale : l’émergence des produits éclaircissants

Bientôt 60 ans que ce phénomène dure. Il faut dire que la publicité y est sûrement pour quelque chose. Ce business est tel que les grandes marques américaines surfent sur le succès des produits éclaircissants pour créer leurs propres gammes de soins éclaircissants naturels : savons, laits et crèmes blanchissantes. Et proposer des produits éclaircissants dans des pays où la majorité des personnes ont la peau foncée ou noire est plus qu’absurde n’est-ce pas? Quel message les médias pensent-ils transmettre ? Et que dire quand les stars de ces pays sont les icônes de ces marques ? Le teint clair comme marque de beauté et de réussite semble être le message qui transpire dans ces publicités…de quoi bondir! Et c’est ce que s’engage à faire des associations, des ONG ou des gouvernements pour lutter contre cette propagande.

Lait, savon et crème éclaircissant pour blanchir la peau noire

L’Australie, le Japon ou encore l’Union Européenne interdit l’usage d’hydroquinone dans les produits cosmétiques vendus sur leur sols. Dernièrement, c’est le Ghana qui s’est rallié à cette interdiction, ne voulant plus que ses habitants se blanchissent la peau. Les États-Unis et la Côte d’Ivoire, quant à eux, autorisent un seuil d’hydroquinone de 2%. C’est pour cela que de nombreux produits éclaircissants comme des savons, crèmes et laits pour le corps et visage sont américains. Depuis 2006, le Burkina Faso a interdit toute campagne publicitaire concernant des produits éclaircissants.
En France, la lutte contre la décoloration de peau est effective depuis de nombreuses années, en lien avec l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) et la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) qui établie une liste noire de produits éclaircissants interdits. De son côté, l’ONG Label Beauté Noire mène des campagnes de sensibilisation, de prévention et d’éducation auprès de la population sur la dépigmentation volontaire, enjeu de santé publique. Son partenariat avec l’Unesco amène ses actions à une portée internationale, tout comme son partenariat avec le groupe Afrique Éducation. Dans sa dernière parution de septembre 2017, le journal d’Afrique Éducation écrit un texte sur les “FEMMES NOIRES : Attention à la toxicité de plus en plus excessive des cosmétiques pour peaux noires”. Vous devez bien vous informer pour sélectionner une crème éclaircissante peau noire et veiller à lire la composition afin de savoir s’il y a ou non l’utilisation de produits toxiques tels que de l’hydroquinone. La lutte contre la dépigmentation volontaire est un sujet tabou, où la prévention reste le meilleur moyen d’avertir les usagers et l’opinion publique.

En 2018, l’ONG va lancer une journée mondiale dédiée à “la prévention, à la recherche médicale et aux solutions durables de la dépigmentation volontaire”, en partenariat avec l’Organisation Mondiale de la Santé et le groupe Afrique Éducation.

Se rendre la peau plus claire n’est pas sans danger, physique mais aussi mental. Les acteurs de niveau local à international tentent par tous les moyens de transmettre un message : n’ayez pas honte de votre couleur de peau.